Mon inspiration profonde vient de la nature. D’observation, de contemplation et de gratitude envers la véritable richesse qui nous entoure. Ma grande sensibilité me permet de m’émerveiller par les moindre détails aperçus lors de mes randonnées en forêt ou en montagne. Je collectionne mentalement ces instants précieux. Ils deviennent la matière première de mon travail.
Je suis préoccupée par les changements climatiques, la dégradation de la qualité de l’eau potable et l’épuisement des ressources qui composent notre écosystème. Pourtant, je ne cherche pas à illustrer un discours écologique. Il s’est imposé à moi. Je ne choisis pas un sujet mais un élan. J’aime suggérer plutôt que décrier.
Ce qui est vivant est à la fois précieux, mystérieux et vulnérable. Mes tableaux naissent de cette tension entre émerveillement et inquiétude, beauté et fragilité, trace et effacement. Dans mon élan créatif, la première décision est d’abord chromatique, en résonnance avec mon état intérieur. Les premiers jets de spatule sont bruts et énergiques. L’eau intervient ensuite comme un partenaire imprévisible. Je la laisse couler, se mélanger, déborder. Les coulures sont des traces laissées par le mouvement, des empreintes du temps sur la surface. Un parallèle à l’empreinte laissée par l’humain sur son environnement. Ces coulures guident ma recherche, orientent les formes et les espaces qui émergent. La nature devient un processus de réflexion et une force qui me dépasse. Qui nous dépasse.